Depuis 1985, le CEMUBAC œuvre dans la Province du Nord-Kivu afin d’y promouvoir le développement d’un système de santé de qualité fondé sur la stratégie des soins de santé primaires. Depuis cette date, l’action du Cemubac a fort évolué, tant dans ses objectifs que dans les stratégies et les moyens mis en œuvre.
En 1985, l’action consistait à soutenir de manière globale trois zones de santé. Un coopérant assurait dans chaque zone le rôle de médecin chef de zone ainsi que la gestion du projet. La politique de formation mise en place a ensuite permis un transfert progressif des responsabilités vers les médecins congolais, les coopérants jouant le rôle de conseillers techniques. A la rupture des relations belgo-zaïroises en juillet 1990, les équipes locales étaient assez préparées pour pouvoir assurer le fonctionnement des zones de santé dans les limites des moyens disponibles.
En 1991, l’obtention de nouveaux projets a permis de re-dynamiser le soutien aux trois zones de santé. L’absence des coopérants a été compensée par la mise en place d’une structure intermédiaire appelée « Cellule d’appui ». Dès sa création, ce bureau était entièrement géré par une équipe locale placée sous la responsabilité d’un médecin congolais spécialisé en santé publique. Il a assuré la gestion des projets qui se sont succèdés ainsi que l’encadrement logistique, technique et scientifique des trois zones de santé.
A partir de 1994, la Cellule d’Appui a élargit son action en collaborant de manière plus étroite avec l’Inspection Provinciale de la Santé.
A partir de 1997, la Cellule d’appui a assuré officiellement le soutien de deux activités de l’Inspection Provinciale : le SIS (Système d’Information Sanitaire) et la SE (Surveillance épidémiologique) en développant particulièrement l’aspect laboratoire de référence. Entre 1997 et 2001, à la demande du Médecin Inspecteur, les cadres de la cellule ont assuré alternativement la responsabilité des 4ème ou 5ème bureau de l’Inspection.
En 1994, 1996 et 1998, lors des grandes crises qui ont frappé la province, la cellule a soutenu activement l’Inspection afin de lui donner les moyens nécessaires pour jouer son rôle de concertation de tous les intervenants. Malgré cet appui, la reconnaissance de l’Inspection par les partenaires internationaux a été difficile à obtenir. Néanmoins la crise ayant fait suite à l’éruption du volcan Nyiragongo en janvier 2002, a marqué un tournant dans la collaboration entre les organismes humanitaires et l’Inspection Provinciale. Grâce à l’appui de l’OMS et du Cemubac, cette dernière a participé immédiatement à la coordination des actions, les structures officielles ont été respectées et ont pu jouer leur rôle. Le système de surveillance épidémiologique a fonctionné très bien. La collaboration franche qui a été mise en place entre tous les partenaires a permis de gérer la crise avec grande efficacité, dans le respect des règles de fonctionnement du système de santé congolais.
Comme on peut le lire dans le rapport d’activité de l’année 2004, pour la première fois depuis plus de dix ans et ce malgré l’instabilité générale qui prévaut dans la région, l’Inspection Provinciale de la Santé (IPS) a pu, durant toute l’année 2004, exercer pleinement son rôle.
En 2005, l’appui aux Inspection Provinciales de la Santé développé par le Cemubac, que ce soit au Nord-Kivu ou a Kinshasa, a servi de modèle aux experts de l’UE pour l’élaboration de la stratégie d’intervention de l’UE pour son programme 9ème FED.